vendredi 11 octobre 2013

Sans or, le bateau coule.

Dans les crises qui se déroulent en cascade depuis 2007 sous nos yeux tout enfumés par les écrans tirés à la sauvette par des décideurs désespérés qui tentent des ultimes tour de passe-passe tout aussi pathétiques les uns que les autres, il y a un grand absent du discours général. Un grand indépendant qui cependant tire bien son épingle du jeu. Ceci vient sans doute qu’il n’a jamais fait partie d’aucun tableau de pseudo-résolution de toutes ces crises. Cependant il pourrait bien être la solution ultime et définitive à ce grand festival carnavalesque auquel on assiste depuis déjà 5 ans.

Les plus instruits auront compris que je parle de l’or.

Non pas ses petits frères les métaux dits « précieux » - appelés ainsi simplement parce qu’ils valent plus cher que les métaux ferreux et non-ferreux- mais qui néanmoins ont tous davantage
d’applications industrielles que l’or. Si une matière a plus d’attrait comme matière première par rapport à sa valeur de placement, les forces qui déterminent son prix ne peuvent pas la faire concourir avec l’or qui jouit d’une notoriété mondiale et historique comme ultime récipiendaire conservateur de valeur.

J’ai beau lire avec un amusement intéressé (ou un intérêt amusé c’est selon) tout ce qui se dit officiellement depuis 2007 et nulle part je ne vois d’évocation du rôle que l’or pourrait jouer dans le sauvetage du grand naufrage dans lequel nous sommes engagés.

Car c’est bien dans un naufrage, long et pénible dans lequel nous sommes embarqués.

Cela a commencé lorsqu’on a fragilisé le bateau en se délestant de l’étalon-or, trop lourd il empêchait tout le monde d’avancer.
Plus mobiles, les Gouvernements ont pu s’aventurer dans les eaux dangereuses de l’endettement, ces montagnes de glace flottantes dont on en voit que le bout et donc qu’on accumule sans vraiment réaliser la taille colossale qu’elles peuvent atteindre.

Et puis ce qui devait arriver arriva : c’est le choc de plein fouet contre un gros Icedette. On a commencé par rassurer tout le monde en disant que tout va bien, rien de grave ne s’est produit, de toute façon l’État est là pour veiller au grain, l’État ne peut pas couler, l’État s’occupe de tout, il garantit tout et tout se passera bien. 

On passe le temps en organisant quelques mariages présidentiels, quelques courses de vélo dopées pour occuper les foules, des JO, des bébés princiers, pardon Royaux, et tout le monde est bien occupé. 

En même temps, on a tenté vainement de colmater les brèches : on a annoncé de beaux plans de réduction des déficits. Seulement, on s’est juste contenté de colmater les lézardes qui se trouvaient au-dessus du niveau de l’eau sans vraiment s’attaquer aux racines des problèmes. En évitant de se mouiller, on a maintenu l’illusion qu’on reste sec, et donc si on est sec cela veut dire que tout va bien, on ne coule pas : vous voyez, il n’y a même pas d’eau !

Ensuite, on a essayé d’écoper car les cales se remplissaient dangereusement : On vire des fonctionnaires, infirmières, professeurs, on expulse à tout va, on jette les meubles (et les réserves d’or) par la fenêtre. Tout ce qui nous tire par le bas et qui n’est pas essentiel aux besoins privés du Capitaine et de ses officiers/amis doit partir.

Aussi, on a sorti l’orchestre sur le pont pour divertir le public avec des Starac, Voice, Anges, etc.

Enfin, voyant qu’on n’arrivera pas à maintenir le rafiot à flot, on va piquer les gilets de sauvetages de tous les passagers, pour aller bourrer les cales là où ça fuit. Mais on continue à prétendre que tout va bien. Les gilets de sauvetages seront là lorsque vous en aurez besoin et de toute façon vous n’en aurez jamais besoin vu qu’on a la situation bien en mains. L’État accorde même une garantie spéciale sur les gilets de sauvetage pour vous le prouver.

Cependant, le bateau coule toujours. Sur le pont ou vous sort la tragédie du mariage impossible de deux individus du même genre et on en profite pour faire participer la foule au débat. Ils ne se sont pas rendu compte que au même moment on est en train de vider leurs valises et coffres en cabine dans un élan pathétique de tentative de maintien à flot du paquebot qui est fichu tant qu’on ne prendra pas de vraie mesure draconienne.

J’attend avec impatience le signal d’abandonner le navire. Il n’y aura pas assez de place pour tout le monde dans les chaloupes. Et comme lors du naufrage du Concordia, le Capitaine et ses acolytes seront les premiers à se mettre à l’abri. 

Ils auront l’air beaux les passagers avec leurs garanties une fois que le navire touchera le fond…

Les Iselandais ont pourtant laissé couler leur rafiot. Ceux qui s’étaient trop engraissé dessus ont coulé avec tout ce qui était trop pourri pour flotter. Seules les personnes honnêtes et droites  s’en sont sorties et elles ont bâti un bateau plus fort et plus solide.

Ce qui fait la stabilité d’un bateau, c’est sa quille, ce lest qu’on met tout au fond de la cale.
Depuis toujours, les meilleures quilles étaient composée de métaux denses. Le plomb était préféré pour son prix compétitif mais l’or n’avait pas son pareil. Lorsque les galions revenaient des Amériques le ventre chargé d’or, souvent les lingots avaient été disposés en lieu et place de la quille au fond de la cale, assurant une meilleure stabilité et navigabilité du navire par tout temps.

Ce qui manque à notre économie mondialisée, c’est un stabilisateur puissant, une quille qui nous empêchera de chavirer à la première tempête venue.

L’or n’a pas encore fait son entrée dans le discours officiel des décideurs qui ont pourtant réponse à tout lorsqu’il s’agit de trouver des solutionnettes aux crisettes hebdomadaires. Les emplâtres sur les jambes de bois n’ont pas encore été assez largement utilisés que pour prouver aux niais qu’ils ne servaient à rien.

En attendant moi, je n’arrête pas d’acheter un peu d’or tous les mois.

De l’or rien qu’à moi.

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