mercredi 4 avril 2012

Le mythe de Robin des Bois et les impôts

L’histoire de Robin des Bois est un conte qui est enseigné aux enfants dès le plus jeune âge. Cette histoire, maintes fois adaptée au cinéma et à la télévision dans le but d’en perpétuer l’esprit, a l’avantage de nous conditionner à l’idée fort plaisante et facile de ‘prendre aux riches et donner aux pauvres’. De nombreux discours de gauche et extrême gauche reprennent d’ailleurs ce concept à l’envi et le déclinent sous de multiples formes.

Des riches moins riches et des pauvres moins pauvres ?!
Le but de cette causerie n’est pas de remettre en question les raisons pour lesquelles dans chaque Société Humaine a vu un fossé se creuser entre ceux qui possèdent et ceux qui n’e possèdent rien, mais du moyen le plus inapproprié inventé pour y mettre fin : les impôts

Le mythe de Robin des Bois est le mythe fondateur de la fiscalité moderne. Dans les pays Anglo-saxons tout au moins.


Petite Histoire des Impôts

De l’antiquité à la Révolution Française, l’histoire de la fiscalité se résume à des impôts sous diverses formes : nature, monnaie ou travail, versé à l’autorité locale : Seigneur ou Clergé (ou les deux). Il n’y avait quasiment pas d’impôt levé à l’échelle nationale si ce n’est que occasionnellement pour financer une guerre ou une campagne ambitieuse, mais leur application était limitée dans le temps. Parfois le budget d'un grand projet pouvait être financé par une entreprise lucrative annexe, comme une loterie qui a permis de financer la Grande Muraille de Chine ou l'unification de l'Italie par Cavour (qui aurait dit aux opposants à la loterie qu'ils n'avaient qu'à considérer cela comme "un impôt sur les imbéciles"). Avec l’avènement de la Révolution Française, les Sans-culottes croyaient voir là l’opportunité de se passer de ces impôts qui touchaient les masses populaires et les maintenaient dans un état de précarité contrôlée et e le rejeter sur les riches, inversant la balance des pouvoirs. Les riches paieraient l’impôt et les pauvres en bénéficieraient. Tel un Robin des Bois, la République Nouvellement formée prendrait dans les bourses pleines pour arroser de sa corne d’abondance les masses affamées.

Le ventre vide des protagonistes leur a donné suffisamment de courage pour mener leur révolution à son terme. Le problème fut que la hargne qui inondait leurs cœurs a fait que les riches ont eu la tête tranchée bien avant qu’ils aient pu verser leur obole au trésor publique…

Le XIXe siècle a vu naître un peu partout dans le monde une forme de taxation permanente au niveau national levée par les états et qui touchait principalement les personnes les plus riches. L’arrivée de la Démocratie dans le monde industriel a un coût et il faut le financer. Avec la naissance des assemblées parlementaires, il a semblé normal que ceux qui contribuent à leur financement (les contribuables) aient le plus à dire quant à leur formation (les électeurs). Le suffrage était censitaire. Seuls les riches qui payaient l’impôt avaient le droit de voter. Pas étonnant donc que les parlements défendaient avant tout les intérêts de leurs bailleurs de fonds/électeurs : on ne mord pas la main qui vous nourrit.

La montée du Socialisme vers la fin du XIXe a changé la donne : le suffrage universel a commencé à être exigé entre autres revendications des classes ouvrières. On est en plein Germinal : grèves, affrontements violents, quasi-guerre civile. Les riches ont donc pris leur revanche : vous voulez voter ? Et bien il vous faudra payer à votre tour un impôt ! (c’est très résumé ici).

Les partis d'orientation Socialiste accédant au pouvoir dans les bassins travaillistes, il leur vient naturellement à l’idée de multiplier les mesures en faveur de leur électorat : éducation gratuite pour tous, soins de santé, assurance chômage, retraites, etc. Ces mesures on un coût et les riches font savoir qu’il n’est plus question d’accentuer la pression fiscale sur eux : pourquoi devraient-ils êtres les seuls à payer alors qu’on prône partout un concept d’égalité (fraternité et liberté : celle de partir aux Amériques où le concept d’impôt est plus léger). Pour ces raisons, les classes moyennes ont commencé à payer l’impôt, qu’on a fait passer à coups de Patriotisme et d’Unité Nationale.

Je passe sur les guerres qui ont nécessité davantage de financement car celles-ci s’étalent de plus en plus dans le temps et nécessitent davantage de moyens technologiques et donc davantage d’argent, légitimant ainsi le besoin pour protéger la Nation de lever tout impôt possible. Actuellement, on en est d’ailleurs arrivés à atteindre des summums de créativité concernant l’invention de nouvelles taxes dans nos contrées de l’Ancien Monde.

Le problème, c’est qu’on a perdu tout contact avec l’idée de base de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Les riches se réfugient dans les niches fiscales, leur fortune leur permet de se payer des consultants qui leur trouvent des voies fiscales moins imposées pour leur revenus et ils finissent par payer un taux moyen relativement faible comparativement aux classes moyennes.

Il n’est pas rare pour un individu moyen de laisser plus de la moitié de son revenu à l’État sous forme de retenues diverses. Il travaille d’abord pour payer la nation, ensuite pour payer ses factures et s’il lui reste quelque chose il le dépensera comme les puissances du Marketing lui suggéreront, payent la TVA au passage.

Pour maintenir ce château de carte en équilibre, on conditionne la population à bien travailler à l’école pour apprendre un métier afin de trouver un travail et aspirer à une modeste retraite. Quel n’est pas le parent qui ne soit tourmenté par le fait que leur enfant n’ait pas de travail permanent ? Les parents : « travaille mon fils » L’État : « travaille mon cher contribuable » C’est ainsi que notre société est actuellement conformée. En outre, on démonise ceux qui ont réussi hors de la voie standard et qui ont fait fortune. Être riche en France est une honte, alors qu’en Amérique on vous respectera pour la même raison.

Robin des Bois est un mythe et doit le rester. Prendre à ceux qui ont été plus intelligents pour donner à ceux qui sont trop indulgents que pour se laisser conditionner durant toutes les étapes de leur vie n’a jamais été une solution durable qui a fait ses preuves à aucun moment de l’histoire.

Elle est où la liberté, dans ce pays où n’importe quel jeune motivé qui veut monter sa boîte se fait décourager à outrance ? D’abord la famille (mais t’est fou toi, cherche plutôt un travail) ou par l’état (il faut d’abord un accès à la profession, t’enregistrer à la TVA, à l’Urssaf, payer un notaire et passer par plein de procédures administratives avant que t’aies pu faire ta première vente) ou les banques (quelles garanties vous m’apportez, négligeable petit cancrelat ?), les sources de découragement sont foison pour te dissuader de sortir de ton ornière de cochon payeur.

Mais on a atteindra les limites du concept bientôt : notre système politique basé sur un état providence qui recourra à l’endettement pour financer son système social nous a mis dans la mrd, heu crise, va en guise de solution continuer dans la même voie et lever plus d’impôts et plus de dettes.

Comment un esprit qui a créé un problème peut-il trouver la solution ? Désolé mais il ne pourra qu’aggraver le problème tout au plus. Un jour, certains réaliseront qu’il faut changer d’état d’esprit avant d’espérer trouver une solution. Ce jour-là il sera trop tard car les pseudos solutions qui ne marchent pas nous auront mis sur les genoux, si pas à plat-ventre.
Donc en attendant, contentons-nous de payer plus d’impôt, comme on a toujours fait d’ailleurs, et continuons d’accroitre la dette publique.

C’est quand je regarde l’Histoire que je me dis que le système actuel basé sur l’impôt sans relation avec sa destination, l’endettement et la monnaie-papier fiduciaire torche-Q n’a pas d’avenir tant qu’on le maintient dans son concept actuel.
Tant qu’on aura pas décidé de changer sa façon de voir les chose, je m’en tiendrais à mon point de vue et je sauverais ce qui est possible en accumulant l’or sous mon matelas.
Je le fais pour que mon fils n’aie jamais à souffrir des turpitudes du monde actuel où les gens ne réalisent pas ce qu’ils font.

Sur ce, je vous souhaite un bon week-end de Pâques tous.

©the-goldfisher.com

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